" On a encore joué les premiers rôles "

Le 20.05.2014 à 16h40

Joueurs

Alors que la saison vient de s'achever, Stéphane Moulin dresse un bilan de cette saison sportive 2013/2014.

 

Stéphane, alors que la saison vient de s’achever, quel sentiment as-tu sur cette année sportive ?

Stéphane Moulin : "Je suis partagé par deux sentiments, aucun ne prédomine.
Un premier de satisfaction pour les ¾ de la saison, un second, où il manque quelque chose qui correspond au dernier quart. Et comme c’est à la fin de saison qu’il y a les récompenses, et bien on peut reprendre l’expression « y a rien au bout ».
On aurait préféré terminé quatrième que neuvième, après on ne peut pas résumer notre saison à un seul classement, c’est la photographie du dernier match, c’est celle qu’on retient. Mais on ne peut pas décemment, en rapport au travail effectué par tous, s’arrêter simplement sur ce classement. Ce serait injuste. Pour moi cela ne reflète pas du tout ce qui s’est passé durant toute la saison."
 

Face aux équipes en lutte pour la montée, les résultats n'ont pas été favorables au SCO pourquoi ?

"Sur ces matches-là, on n’a pas démontré une supériorité, les résultats en sont la preuve. Au moment où cela arrive, c’était des périodes qui ne nous étaient pas favorables. Sur les matches retour, il y a des matches ou les scénarios ne nous sont pas favorables; face à Caen, à Lens face à Metz, on aurait pu prétendre à la victoire, mais les périodes ne nous étaient pas propices. Et je ne parle pas de comment et avec qui on a joué. Quand on jouait contre ces équipes-là, ils avaient quasiment tous leurs joueurs nous on avait déjà des absents avant d’attaquer les rencontres ; alors en plus si les éléments nous sont défavorables à l’intérieur du match cela ne fait qu’accroitre ce déséquilibre. Mais malgré tout, à chaque fois, cela s’est joué à pas grand-chose. La morale est que dans ces matches là il faut avoir toutes ses forces ! C’est là que l’on doit travailler pour qu’à ces moment-là, on puisse avoir toutes nos armes."
 

Est-ce que ces blessures sont votre plus gros regret de la saison ?

"C’est le plus gros regret de cette saison, car à la fin on regarde le résultat pas la composition de l’équipe. Cette année on a accumulé les péripéties et les blessures en tout genre, comme une déchirure abdominale, deux genoux avant le début de saison, fracture du péroné, trois déchirures des adducteurs pour des joueurs qui n’avaient pas joué ou peu, Olivier Auriac qui alterne entre cheville, cuisse et pubalgie,… On n’a pas connu la valeur de cet effectif sur la durée ! L’effectif est constitué de manière à ce que l’on puisse utiliser tout le monde, mais comme partout il y a des numéros 1, des numéros 2 voire parfois des numéros 3 et nous on a joué pas assez avec les numéros 1 et au-delà de ça on a été obligé de modifier des joueurs de leur poste, depuis plusieurs semaines on joue sans arrière gauche, pendant plusieurs mois Vincent Manceau a joué à un poste qui n’était pas le sien, Romain Thomas arrière gauche, milieu défensif,… Mohamed Yattara à droite, à un moment donné on ne met plus les spécialistes du poste à leur poste…"
 

Est-ce qu’il y a des explications à cette situation ?

" Les explications…  Gael Angoula a peu joué l’année dernière, Ismael Keita, Yohan Eudeline ont peu joué l’année dernière, Slim n’a pas joué pendant 9 mois,… mais on recrute ce type joueurs et on le sait donc cela s’explique. A l’inverse Romain Thomas a beaucoup joué et donc ne s’est pas blessé ! Olivier Auriac qui a débuté avec une pubalgie a continué toute la saison. Ibrahima Diallo a le genou usé, Diego Gomez qui avait déjà mal la saison passée ! Djibril Konaté luxation de l’épaule contre Sochaux, Arnold qui a peu joué l’année dernière, a enchaîné les rencontres sur un rythme soutenu ! Ayari, fracture du péroné !! Ce sont des choses rationnelles pour certains mais totalement incompréhensibles pour d’autres et je pense à Khaled dans ce cas ! Après il y a toujours une solution, on n’a pas le choix ! Mais lorsque c’est rapproché de façon excessive, cela devient compliqué. J’avais toujours l’espoir de compenser des absences par des retours de blessures…

Et j’ai un exemple qui illustre bien la situation, c’est le match à Auxerre avec la première titularisation de Yohan Eudeline, il fait 90 minutes, il ne peut plus courir à 20 minutes de la fin mais avec  Bouka-Moutou, déchirure des abdos, Manceau se fait arracher la cheville et Yattara se fait mal aux adducteurs... ! Tu es déjà obligé de tirer sur un joueur pour son premier match, ça ne commence pas bien … Paradoxalement ce match on le gagne avec toutes nos vertus, mais cela a nécessité une telle débauche d’énergie, et pour cela j’ai des gars qui ne rechignent pas et qui vont au bout du bout ; par contre derrière cela a laissé des séquelles ! Et on a commencé cette terrible série de match du mois de mars avec des joueurs absents et on a été obligé de tirer trop sur d’autres !"
 

Quels ont été pour toi les moments marquant de la saison ?

"J’ai bien aimé, malgré la défaite, les 40 ans de Greg, l’hommage qui lui a été rendu ce jour-là. J’ai adoré malgré la défaite, l’atmosphère du match à Rennes. C’est incomparable, tu touches du doigt le haut niveau dans tous les domaines : l’ambiance, l’atmosphère, la préparation,… tout ce qui parfois n’est pas palpable ! C’est fabuleux, il y a eu aussi un autre bon moment, pas vécu de la même manière, la qualification à Moulins, je sais comment on s’est qualifié. Il ne faut pas regarder que le résultat brut, je sais par où on est passé  Beaucoup de bons moments !
 

A l’inverse quels ont-été les moments durs ?

" Ce n’est pas la fin de saison car je n’ai pas vu une équipe qui a abandonné.  Je ne peux pas dire cela, après il y a des matches couperet comme face à Caen, il est décisif. On a bossé et puis c’est fini ! L’année dernière on était le trublion, cette année on nous attendait, tu envoies un message à tout le monde mais on n’est pas vacciné contre l’échec !"
 

Des adversaires qui appréhendent de venir à Angers, des matches décalés pour retransmission télévisuelle, le SCO passe un cap ?

" C’est le début de la reconnaissance du club. C’est agréable, mais il faut assumer, bien le gérer et aussi ça devient plus difficile à battre ces adversaires car ils savent qu’en venant à Angers c’est un gros match. Avant ce n’était pas comme ça. C’est valorisant, les joueurs le disent on fait ça pour ça, avoir cette petite adrénaline en plus !

J’aimerais bien revivre des saisons comme cela. Tous les ans, c’est une remise à niveau on démarre tous à zéro point, n’en déplaise à certains d’abord il faudra prendre 42 points ! Il faut garder de l’humilité, surtout nous. Il est hors de question de perdre cela. C’est le garant de quelque chose, ce n’est pas manquer d’ambition, mais il faut rester lucide de nos moyens ! Oui on s’améliore, oui on progresse, oui le club avance, c’est une certitude, mais le côté sportif il faut aussi savoir ce que l’on a ! Il faut qu’on reste avec notre ambition, notre enthousiasme, mais aussi avec notre humilité.

La vérité, c’est qu’on a encore joué les premiers rôles malgré les moyens dont on dispose. Ce n’est pas un échec, cela peut être assimilé à cela de la façon dont ça s’est passé mais ce n’est pas notre vérité. Si on pense qu’on a encore raté, c’est se tromper, cela voudrait dire que l’on a perdu notre humilité ! On a l’ambition de vouloir aller plus haut, tous les sportifs à partir du moment où ils s’alignent sur la ligne de départ, ils l’ont, mais cela ne peut pas être un objectif étant donné les moyens dont on dispose où alors ça veut dire manquer de respect à tous ceux qui en ont plus que nous ! Donc il faut faire attention, on a encore joué les 1er rôles malgré les moyens dont on dispose, ce n’est pas la même perception.  Qu’il y ait une déception d’ordre général après avoir suscité autant d’espoir lorsqu’il y a de la réussite, et qu’on ne va pas au bout ! Il y a de la déception, c’est normal, mais entre déception et échec ce n’est pas la même chose. Et nous on ne doit pas vivre cela comme un échec, car tout ce que l’on a réalisé c’était plutôt dans l’exploit !"
 

Et c'est plutôt encourageant pour l'avenir, quels sont les axes de progression pour continuer à progresser ?

" L’axe de progression est déjà de garder nos valeurs avec les joueurs qu’on peut garder. Et ajouter là où on pense que l’on doit s’améliorer. On a appris que la saison est longue, et pour tenir la distance il faut aussi avoir des joueurs capables de subir la charge de travail au quotidien et accepter le rythme de la compétition. Je ne vais pas parler de régularité, comme à l’issue de la saison dernière, on a été régulier jusqu’à 8 journées de la fin, malgré des creux dans le jeu comme toutes les équipes.

Mais il faut éviter d’entrée de jeu les grosses blessures qui éliminent les joueurs toute la saison ! Et on conserve l’espoir avec les joueurs blessés, qui ont repris un rythme cette saison, seront plus performants au moins sur le plan physique, et c’est important."

 

Le 20.05.2014 à 16h40

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